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Mis à jour le 11 août 2026

TJM freelance : comment calculer, justifier et augmenter son tarif journalier

Publié par

  • Clemence Blandel
Graphic of a financial dashboard with charts, target symbol, coins, and magnifying glass on a blue background.

Beaucoup de freelances fixent leur taux journalier moyen au démarrage, puis le gardent pendant des mois, parfois des années. Entre-temps, leurs charges évoluent, leur expertise progresse, leurs références s'accumulent. Le tarif, lui, reste souvent le même. Pour éviter de sous-évaluer votre travail, il faut savoir calculer votre TJM, le comparer au marché, puis l'ajuster avec des arguments solides.

Pourquoi un TJM figé est souvent un TJM sous-évalué

Un tarif qui ne bouge pas pendant longtemps peut vite devenir une baisse de revenu réelle. Les cotisations sociales augmentent, les outils coûtent plus cher, la formation continue représente du temps non facturé. Et pendant ce temps, l'expertise progresse, les références s'accumulent, la valeur apportée au client grandit. 

La pression commerciale joue aussi. Décrocher une mission est plus facile avec un tarif connu : on hésite à le changer pour ne pas perdre un client en cours, ou pour ne pas effrayer un prospect. Le problème, c'est qu'à force de ne pas bouger son tarif, le freelance finit par absorber seul tout ce qui augmente autour de lui. 

La bonne question à se poser : est-ce que mon TJM reflète ce que j'apporte réellement, ou est-ce qu'il reflète ce que je facturais il y a deux ans ? 

Calculer son coût réel avant de fixer son TJM 

Ce que couvre vraiment un TJM 

Le TJM (taux journalier moyen) est le tarif facturé pour une journée de travail. Un TJM ne rémunère pas seulement la journée passée chez le client. Il doit aussi couvrir tout ce qui permet à cette journée d'exister : les charges sociales et fiscales, les frais professionnels, les outils, la formation, les congés, la prospection, l'administratif et les périodes sans mission. 

Un freelance actif sur une année complète ne facture pas 218 jours. En intégrant les congés, les jours de prospection, les formations et les périodes de transition entre missions, le nombre de jours réellement facturés se situe souvent entre 140 et 180 selon les profils, les secteurs et le rythme de travail choisi. C'est ce chiffre qui sert de base de calcul, pas le nombre de jours ouvrés théoriques. 

La méthode de calcul pas à pas 

Pour calculer un TJM, estimer le CA annuel nécessaire pour couvrir le revenu net cible, les charges, les frais et les jours non facturés. Puis diviser ce montant par le nombre de jours facturables.

En pratique, trois étapes : 

  1. Définissez votre revenu net annuel cible (ce que vous souhaitez percevoir après charges et impôts). 

  2. Estimez le CA annuel nécessaire : ajouter les charges sociales, les frais professionnels et appliquer un coefficient selon le statut. À titre indicatif, en micro-entreprise : 1,4 à 1,7. En société : 1,5 à 2. Ces fourchettes varient ; vérifier avec un comptable.

  3. Divisez ce CA par votre nombre de jours facturables estimé. 

TJM minimum = CA annuel nécessaire ÷ nombre de jours facturables 

Exemple : vous visez 60 000 € nets. Avec un coefficient de 1,6, il vous faut un CA de 96 000 €. Sur 160 jours facturables, votre TJM plancher est de 600 €. 

Ce montant n'est pas le tarif idéal. C'est le minimum à partir duquel votre activité tient économiquement. Le marché et votre valeur perçue peuvent justifier un TJM sensiblement au-dessus. 

Benchmarker son secteur, sans s'y fier aveuglément 

Connaître les tarifs du marché est utile mais s'y conformer mécaniquement est une erreur.

Les baromètres (plateformes de freelancing, fédérations professionnelles, réseaux pairs) donnent des fourchettes par métier et séniorité. Mais un benchmark pertinent compare des profils similaires : même spécialité, même niveau d'expérience, même type de client, même durée de mission. Un développeur React senior sur une mission longue en grand compte n'a rien à voir avec un développeur généraliste en mission courte pour une PME.

Une fois cette fourchette identifiée, se positionner consciemment : bas de fourchette pour décrocher rapidement, médian pour un positionnement standard, premium pour un profil rare ou des références solides.

Ce que le benchmark ne mesure pas : la valeur individuelle. Deux freelances avec le même titre peuvent avoir des TJM très différents si l'un a des références tangibles, une spécialisation pointue ou une bonne capacité à réduire la montée en charge côté client.

Sur certaines missions complexes ou stratégiques, un tarif très inférieur au marché peut aussi envoyer un mauvais signal. Les décideurs qui recrutent des freelances pour des sujets sensibles lisent le prix comme un indicateur de positionnement. 

Mesurer sa valeur pour le client, pas seulement son prix de marché 

Un client ne paie pas une journée de travail. Il paie un problème résolu, un délai tenu, une équipe soulagée ou un risque évité.

Un freelance qui aide une équipe à livrer un projet en retard de deux mois n'a pas vendu des jours. Il a évité une pénalité contractuelle, maintenu une relation client, libéré de la capacité interne. La valeur créée dépasse souvent largement le coût de la prestation.

Plutôt que de justifier son TJM par l'ancienneté ou les certifications, le justifier par ce qu'on a produit concrètement : résultats chiffrés, délais tenus, problèmes résolus. C'est avec ces éléments qu'on construit son argumentaire, pas avec l'expérience seule.

Plus on montre l'impact de sa mission, moins le TJM est perçu comme un simple coût journalier.

C’est aussi l’intérêt de passer par une plateforme comme LittleBig Connection : accéder à des missions alignées avec son niveau d’expertise, son positionnement et la valeur que l’on apporte. 

Construire un argumentaire de hausse solide 

Une hausse de TJM se prépare avant d'être annoncée. Le client doit comprendre ce qui a changé depuis votre dernier tarif : une compétence plus rare, un périmètre élargi, des résultats mesurables, une meilleure connaissance de son environnement ou une tension plus forte sur votre expertise. 

Trois types de justifications fonctionnent auprès des clients : 

  • Une nouvelle compétence ou certification acquise depuis la dernière mission 

  • Un nouveau cas client qui démontre un résultat concret et transférable 

  • Une évolution du marché qui rend votre profil plus rare ou plus demandé 

Ce qui ne convainc pas : "mes charges ont augmenté" ou "cela fait deux ans que je n'ai pas bougé". Ces arguments sont réels, mais ils parlent de vos contraintes, pas de la valeur que vous apportez. Un client raisonne en termes d'investissement. 

La méthode recommandée : tester une hausse d'abord sur un nouveau prospect, pas sur un client existant. Un nouveau client n'a aucune référence tarifaire avec vous. C'est le terrain idéal pour valider l'acceptabilité d'un TJM plus élevé, sans risquer une relation en cours. 

Annoncer une hausse à un client existant 

Le plus difficile n'est souvent pas de choisir un nouveau tarif. C'est de l'assumer face à un client qui connaît l'ancien. 

Le timing : L'annoncer entre 6 et 8 semaines avant la fin de la mission, ou lors d'un point de bilan. Le client a le temps de s'adapter.

La formulation : Pas d'excuses ni de justification personnelle. Une phrase directe sur le nouveau tarif, deux ou trois résultats concrets de la mission en cours, une proposition claire. 

Exemple utilisable :

"À partir du prochain renouvellement, mon TJM passera de X € à Y €. Cette évolution reflète le périmètre que j'ai pris en charge depuis le début de la mission, notamment [résultat 1] et [résultat 2]. Je vous propose qu'on en parle lors de notre prochain point pour ajuster le cadre si nécessaire." 

Gérer le refus : Clarifier le périmètre ou la suite de la collaboration plutôt que de baisser immédiatement. Un rabais sur sa propre demande signale que le premier chiffre n'était pas sérieux.

Conclusion 

Fixer son TJM est une décision individuelle. Le réviser régulièrement est une décision stratégique. Un tarif ne doit pas seulement refléter le marché : il doit aussi refléter votre coût réel, votre expertise et la valeur que vous créez pour vos clients. Avant une nouvelle mission, un renouvellement ou une période de prospection, prenez le temps de le réévaluer. C’est souvent ce qui permet de mieux choisir ses missions, de mieux négocier et de construire une activité freelance plus durable. 

Blog LittleBig Connection

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